L'agriculture durable : une mission Impossible ?

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L'agriculture durable : une mission Impossible ?

Message  Anne-Flore le Mar 25 Mar - 13:31

Dans le cadre d'un mémoire d'étude, je suis amenée à rencontrer des agriculteurs des Flandres. J'entends très souvent dire que l'agriculture bio, c'est une belle idée, mais elle ne parviendra jamais à nourrir toute la population: c'est une fausse solution.

Alors faut il abandonner cette option d'agriculture pourtant plus respectueuse de l'enviromment?

Qu'en pensez vous? Question

Anne-Flore

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Re: L'agriculture durable : une mission Impossible ?

Message  Sam.B le Mar 25 Mar - 18:06

Bonjour Anne-Flore,

Je trouve ta question très intéressante, tant je constate que la carapace qui entoure le mythe selon lequel "l'agriculture bio ne peut pas nourrir le monde" a décidément fait long feu.

Dans ses conclusions de la conférence internationale sur l’agriculture biologique et la sécurité alimentaire qui a eu lieu à Rome en début mai 2007, la FAO (Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) avait pourtant clôt le débat en écrivant pour la première fois que l’agriculture biologique peut nourrir le monde!

Or il se trouve qu'aucune étude réalisée au cours des 60 dernières années n'avait pu prouver le contraire, et il semble même que la méfiance (voire la défiance) que les agriculteurs éprouvent souvent vis à vis de ce mode de production n'a souvent absolument rien à voir avec les questions techniques, mais soit plutôt due à une certaine vision du progrès qui est aujourd'hui complètement entrée dans les moeurs.

Parlons des aspects techniques: Sur la seule question des rendements (c'est la principale invoquée), l’Institut de recherche pour l’agriculture biologique en Suisse a montré que les fermes biologiques avaient un rendement inférieur de seulement 20% aux fermes conventionnelles sur une période de 21 ans dans les pays développés. Dans les autres pays du monde cette différence est nulle.
Une équipe de scientifiques de l’université du Michigan a même démontré que l'agriculture biologique pourrait résorber les problèmes de sécurité alimentaire en Afrique Subsaharienne, et permettre une préservation efficace de la biodiversité dans la plupart des pays du monde.

Evidemment cela pose quelques questions: Comment en est-on arrivé à affirmer que les intrants chimiques sont absolument indispensables en agriculture? Je pense personnellement qu'il faudra un jour ou l'autre déterminer qui sont les responsables de ce désastre. Car qui paiera le coût de la reconversion? Les agriculteurs? Les consommateurs? Les pouvoirs publics?

De plus une reconversion globale à l’agriculture biologique n’est malheureusement pas si simple : les 60 ans passés à appauvrir les sols, à éliminer des variétés résistantes et adaptées, à détruire les insectes auxilliaires et à polluer le réseau hydrique ne vont pas faciliter la tâche. La première décennie sera certainement difficile, mais je pense pour ma part que nous n’avons pas (ou plus) le choix, plus nous attendrons et plus ce sera difficile ou peut-être même irréversible.

Sam.B

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L'agriculture raisonnée : vision d'avenir.

Message  Bpiquemal le Mer 26 Mar - 23:50

Il me semble que les intrants utilisés en agriculture conventionnelle ont des inconvénients majeurs lorsqu'ils sont utilisés de manière systématique sans prise en compte des conditions environnementales de la saison (climat, populations d'auxiliaires et bio-agresseurs). C'est le cas des systèmes intensifs visant des performances en terme de rendements.

Mais n'est-ce pas grâce à eux que nous avons pu obtenir une évolution des rendements de plus en plus stable, minimisant ainsi les variations des prix sur les marchés agricoles? N'est-ce pas grâce à ce progrès technique que nous avons pu voir quasiment disparaître certains risques alimentaires toxicologiques : mycotoxines dans certaines certaines céréales etc. De plus l'utilisation raisonnée des médicaments en productions animales ne contribue-t-elle pas au bien-être animal?

Certains agriculteurs ont compris l'intérêt de raisonner leurs pratiques agricoles. Utiliser les intrants de façon minimum est la clé de la réussite économique de nombre d'exploitations agricoles aujourd'hui, j'ai pu l'observer dans bon nombre de cas. Et cette réussite est durable:
-les résidus de produits phytosanitaires retrouvés dans l'environnement sont minimes
-le coût dû à leur utilisation est faible en comparaison au gain effectué en production
-moins d'endettement est nécessaire surtout dans le cas de l'agriculture simplifiée qui rentre dans la logique de l'agriculture raisonnée.

L'agriculture raisonnée assure également les revenus agricoles les plus élevés à l'ha, mais nécessite une observation attentionnée et continuelle des conditions.
C'est donc l'agriculure familiale qui soit dit en passant limite l'apparition des exploitations géantes gérées par des agri-managers.

Pour en savoir d'avantage, je vous conseille vivement l'ouvrage suivant (qui ne traite pas que de ce sujet d'ailleurs):
"L'Arme Alimentaire" de Christian Pèes, aux Editions Le Cherche Midi, 2007, ISBN 978-2-7491-0800-1.

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L'agriculture durable : une mission Impossible ?

Message  Sam.B le Jeu 27 Mar - 11:08

Bonjour,

Décidément Anne-Flore tu as jeté un pavé dans la mare! Ce n'est pas une surprise: les réactions diverses sur ce sujet montrent que notre génération (J'entends: les jeunes en formation d'agronomie), même si elle développe un regard critique par rapport au tout productiviste, n'est pas encore prête à faire le pas, qui bouleverserait tellement nos repères Wink !

Concernant le mythe sur la bio, voici un petit argumentaire pour alimenter votre réflexion: il est signé de Jean-Marc Jancovici, que vous connaissez peut-être: http://www.manicore.com/documentation/manger_bio.html

Je remarque que les solutions proposées lorsqu'il s'agit de justifier l'utilisation de substituts de l'agro-chimie (agriculture de précision, agriculture raisonnée, agriculture durable...) omettent deux éléments majeurs:
  • Ces solutions ne sont pas applicables à l'échelle mondiale. Elles supposent toutes l'utilisation de technologies inaccessibles pour 90% des agriculteurs de la planète. Faut-il rappeler pourquoi ces mêmes 90% d'agriculteurs pratiquent une agriculture que l'on pourrait qualifier de "biologique"? Tout simplement parce que la chimie a un certain coût!
  • Ces solutions rendent l'agriculteur dépendant, et donc bien plus vulnérable. Il suffit d'observer ce que le passage de l'agriculture vivrière à l'agriculture de rente produit dans les pays qui ne bénéficient pas d'une protection des marchés telle que la nôtre... Les suicides de paysans en Inde, les cancers de la peau systématiques des cotonniers du Bénin, l'exode rural massif fuyant les zones de monoculture de Soja en Argentine... Avez-vous regardé le documentaire "Le Monde selon Monsanto", sur Arte? http://www.arte.tv/monsanto

Je pense que ces méthodes peuvent être utilisées, sur quelques années, comme une étape avant d'aller plus loin. Produire dans les conditions de l'agriculture biologique aujourd'hui peut faire peur à certains agriculteurs, car c'est un défi avant tout technique et cela demande de bien connaître la terre, et de ne pas la considérer simplement comme un "outil" de production. Pour préparer l'après-2013, ne faudrait-il pas miser sur l'avenir en choisissant un modèle réellement "durable", plutôt que de faire des choix "à reculons"?

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Re: L'agriculture durable : une mission Impossible ?

Message  Bpiquemal le Jeu 27 Mar - 15:10

Manger entièrement Bio est certes un scénario possible si l'on suppose une consommation de viande de boeuf très réduite, et une consommation accrue en parallèle de céréales, laitages et viande de volailles.
Selon ce scénario se sont des surfaces agricoles d'élevage qui seraient converties en surface de cultures végétales.

Seulement deux questions se posent:

-Comment convertir des régions d'élevage en région de cultures végétales?
C'est le cas des zones de montagne : il me semble que peu de plantes consommables par l'homme sont adaptées à ces régions du fait de la sécheresse.
C'est également le cas du grand ouest de la france : produire du blé de façon rentable en bretagne ou en normandie me paraît difficile : les sols absorbent peu l'eau, c'est le milieu des plantes herbacées à très court cycle de vie absorbant rapidemant l'eau ; c'est le milieu de l'herbe, pas du blé! Sans parler de la destruction par les grandes cultures du paysage bocagé et de son importance sociale et environnementale.

-manger plus de laitages et de viande de volaille en terme de proportion?
Faut-il rappeler que les productions animales intègrent des filières : manger plus de laitage signifie aussi plus d'animaux donc plus de viande...

Ce scénario me paraît bien utopique, puisque fondé sur des hypothèse coupées de la réalité.

Si l'on s'est mis à consommer plus de viande, c'est parce que les progrès techniques en terme de génétique des animaux et de compréhension de la nutrition ont permis de produire d'avantage. C'est l'offre à l'ha qui a augmenté, pas tant les surfaces consacrées à l'élevage.

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elevage

Message  nicolas romillac le Jeu 27 Mar - 19:18

Il ne faut pas oublier que ce sont 2/3 de la SAU française qui sont consacrées à l'élevage (sans compter la SAU brésilienne qui produit le soja pour les animaux). Alors même si l'élevage est limité aux zones improductives ou écologiquement sensibles, ont peut récupérer de la surface. Sans oublier que la moitié de cette surface n'est pas paturée mais sert à produire des céréales. Si on remet les bovins à l'herbe, on baissera certe leur productivité d'un tiers mais on libérera de bonnes surfaces. Une réduction de la consommation de viande en france, même sans être compensée par des laitages ne posera pas de problème nutritionel, les obstacles sont culturels. Sans compter l'augmentation du cours de la viande qui fera du bien à certains!
Et si on se place dans une optique de valorisations non alimentaires des produits agricoles (qui sera surement nécessaire), alors il faut bien libérer des surfaces quelque part....
Etant donné sa faible efficacité énergétique, l'élevage va surement régresser...

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toxicité des intrants

Message  robin gasnier le Ven 28 Mar - 13:30

je reviens simplement sur quelque points :
- la question des micotoxine ne peut pas être utilisée comme argument puisqu'elle ne fait pas l'objet d'un consensus au sein des scientifiques : des études en Allemagne a même montré qu'il y avait plus de mycotoxines dans certains produits conventionnels que dans le bio.
- Certains intrants utillisés en bio peuvent êtres très toxique ; sortons de l'idée naturel=sain , (même si globalement le bio est aujourd'hui) toujours beaucoup moins toxique.
- "le coût dû à l'utilisation [de phyto] est faible en comparaison au gain effectué en production". c'est parce que le pétrole est encore quasi gratuit .... quand il faudra le faire à partir de plantes je pense que ce sera différent.

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Avec le bio, retour aux vraies valeurs d'autrefois: régime pain pâtes riz

Message  Bpiquemal le Dim 30 Mar - 14:33

Ca y est, nous sommes en 2030, le bio est devenu la règle. Nous avons rejoint la situation du tiers monde : 100% bio. Mais les paysans sont proches de tout sauf des consommateurs, qui vivent tous en ville, car c'est une tendance qui s'est largement amorçée. Les produits agricoles sont chers à transporter car il n'y a que des petits paysans bio... qu'il faut bien collecter. A moins que M. Toutlemonde prenne sa voiture, fasse 10 km pour trouver sa botte de carottes, 5 de plus pour acheter 10L de lait... C'est bon pour le réchauffement. La viande et les légumes sont devenus rares, et donc chers : évidemment, on (qui?) a supprimé nombre d'élevages et les légumes voient leur rendement tellement faibles en bio que seuls les riches peuvent s'en procurer. On mange donc 1 steack par quinzaine. Certes l'obésité a disparu. Mais la protéine aussi.

Mais ceux qui n'ont pas les moyens d'avoir une ration équilibrée, ceux qui aujourd'hui consomment de l'éco+, ceux là seront au régime pâtes et riz tous les jours.

Le bio est intéressant pour les zones difficiles, ce mode de production est durable quand la terre est pauvre, mais sa généralisation est ce qui pourrait arriver de pire à l'humanité.

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Re: L'agriculture durable : une mission Impossible ?

Message  Sam.B le Mar 1 Avr - 11:27

Un peu trop d'approximations dans ton raisonnement Bpiquemal pour arriver à la conclusion que le bio serait "ce qui pourrait arriver de pire à l'humanité" !!

D'abord la question du prix pour le consommateur: J'ai moi-même tenté l'expérience de consommer "tout bio" pendant un certain temps pour voir quelle influence cela avait sur mes dépenses alimentaires: en réduisant un peu la viande (2 à 3 fois par semaine) et en consommant plus de protéines végétales (lentilles...), j'arrive sans peine au même budget: aucun surcoût mais au moins deux avantages à court terme: un régime plus équilibré et des aliments de meilleure qualité. CQFD.

Je reviens ensuite sur la "rareté" des produits qui serait due à une baisse généralisée des rendements: là encore, c'est l'inverse qui se produit: l'agriculture bio obtient sensiblement les mêmes rendements que les autres types d'agriculture... eh oui! On a fait des progrès depuis 40 ans! Les intrants chimiques ne sont plus "l'indispensable" outil pour stabiliser les rendements. Pas de rareté, donc... Au contraire: une gestion plus "durable" du sol, et donc une amélioration de la qualité partout là où ils sont complètement épuisés...

Limiter le bio à des régions "difficiles", c'est vraiment se priver de revenus corrects pour les producteurs (j'entends bien entendu des revenus qui viendraient directement et totalement de l'achat d'un produit par un consommateur, et pas par l'impôt dans des conditions de répartition injustes, que ce soit au niveau européen ou français...). C'est se priver aussi de la sécurité alimentaire, et d'une relation de confiance entre producteurs et consommateurs... Après la vache folle, la dioxine, les OGM, les hormones, ... combien de crises et de scandales faudra-t-il encore? No

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Re: L'agriculture durable : une mission Impossible ?

Message  Bpiquemal le Mer 2 Avr - 17:44

Je crois qu'on ne pourra pas être d'acord sur l'agriculture durable.

Mais faut-il rappeler que ces crises en question n'ont pas eut l'importance qu'ont bien voulu nous faire croire les médias. Leur importance est à relativiser. Le scandale c'est le conditionnement psychologique et la psychose calculée.
Il n'y a que sur les OGM où je suis d'accord pour parler de scandale fondé.

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Espoir

Message  zavyai le Jeu 10 Avr - 16:23

Bonjour,
Quelques remarques me viennent après avoir lu vos remarques...
- Le livre l'arme alimentaire a été écrit par un président d'une des plus grosses coopératives céréalières du sud de la France: je l'ai vu en conférence: il ne fait y défendre que les intérêts de son entreprise à travers ce livre: c'est du lobbying...
- L'agriculture raisonnée (si on parle du label) n'est pas très différente de la réglementation imposée: c'est un nivellement par le bas qui n'a pas marché dû aux nombres de paperasses à remplir: pour être raisonnée, il suffit d'écrire même si on met les doses maximales en systématique... Mais ça a au moins le mérite de pousser l'agriculteur à se poser des questions.
- Les dépendances entraînées par le système conventionnel sont des "pousse au crime" dans les pays du sud; et des barrières de résistances à l'évolution de la demande dans les pays du Nord. Tant que l'objectif sera de faire le maximum de vente pour les conseillers agricoles: rien ne changera...
- Enfin pour réagir aux commentaires de Bpiquemal: on t'annonce changement, tu vois révolution: je pense que les solutions présentées ici ne sont pas de changer l'agriculture du tout au tout (95% conventionnel --> 100% bio) en un court laps de temps. Mais plutôt de choisir un modèle vers lequel tendre et donc adapter les recherches et les conseils en fonction de ce modèle. Si on décide que c'est l'agriculture biologique (moi je suis plus partisan de la protection intégrée...) qui doit servir de modèle pour que à terme la plupart des exploitations y ait accès: alors il faudra mettre en place des mesures d'accompagnement:
- La recherche en mode alternatif a été abandonnée pendant 60ans car nous avons misé sur le tout chimique, aujourd'hui on commence à la reprendre, mais je pense qu'il y a des progrès énormes à faire dans ce domaine (mécanisation, associations de cultures, rotations types...)
- Des aides à la conversion
- Des appuis techniques par un conseil non vendeur
Et petit à petit les exploitations y passeront, elles répondront forcément à la demande sinon il y aura des changements d'orientation, la vitesse sera adaptée en fonction de cette capacité à résoudre les problèmes.

Le soucis de tout cela, c'est que bien souvent le débat est faussé: ce ne sont pas décisions les meilleures pour la société qui sont prises mais plutôt celle qui vont dans le sens des entreprises et de la rentabilité...

Moi je crois à une agriculture responsable qui explore toutes les solutions, premièrement agronomiques, puis biologiques puis chimiques pour répondre aux défis futurs. Cependant, il faudra aussi revoir l'échelle de nos exploitations pour faire cela et privilégier la proximité...

En attendant vos remarques
Xavier
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Re: L'agriculture durable : une mission Impossible ?

Message  Bpiquemal le Mer 14 Mai - 20:01

Je ne vois pas là une révolution, mais simplement des aberrations véhiculées par certaines personnes qui se basent leur rhétorique sur des connotations positives liées au bio et qui en profitent pour raconter des histoires. Je sais très bien que nous n'iront jamais à du 100% bio...

Contrairement à ce que dit SamB, l'AB n'atteint pas les même rendements que l'agriculture conventionnelle (sauf dans des conditions très spéciales on peut tout trouver c'est sûr). On parle de façon générale il me semble non? Et de façon générale les rendements sont de 20 à 50% plus faibles qu'en conventionnel, et c'est normal!! Cf nutrition azotée de la plante etc... (propos à relativiser en fonction des productions, systèmes etc...). Et quand on va faire ses courses et bien je suis désolé mais le gros du volume des produits bio sont globalement plus chers que les autres aujourd'hui (ce qui ne veut pas dire que ça ne peut pas changer et qu'on ne peut pas exceptionnellement trouver moins cher!). Et c'est pour cela que le bio reste un marché de niche en France actuellement. Mais il est vrai que les consommateurs bio ont un régime plus équilibré, ce qui n'a rien à voir avec la qualité des produits. Si le consommateur veut croire que le bio est meilleur pour la santé, pourquoi pas (il veut déja croire tellement de choses). Naturel ne veut pas dire absence de dangers. Ils sont simplement différents, mais ils existent, et il est important de les connaitre.
Pour le reste (préservation de la biodiversité, des sols etc...) il faut rendre au bio ce qui lui appartient. Les agriculteurs peuvent gagner leur vie aussi bien qu'en conventionnel voir mieux à condition qu'ils soient très bon techniquement ; et ce n'est pas le cas de tout le monde. Enfin les systèmes bio sont plus risqués à cause des aléas climatiques.

Lorsque je mentionne "agriculture raisonnée" je ne m'en tiens pas seulement au cahier des charges, mais à une vision de l'agriculture. Il en va de même pour le bio : si on veut parler des cahiers des charges on peut discuter là aussi et dire que ce n'est pas toujours cohérent.

Alors je suis complètement d'accord avec toi, il faut explorer toutes les possibilités, et c'est très bien qu'il y ait des recherches en agriculture biologique mais aussi en chimie, car il y a des régions où les agriculteurs ne sont pas intéressés par l'AB.

Mon avis, dit d'une façon claire et simple est que je trouve (personnellement) qu'il faudrait encourager:
-la disparition complète des systèmes intensifs purs et durs (pour ne pas dire bêtes et méchants) qui n'apportent rien si ce n'est des dépenses et consommations inutiles de produits, et leur conversion en raisonné
-la diffusion (qui manque beaucoup) de connaissances sur le bio, avec les avantages et inconvénients
-Enfin ce que je trouve invraisemblable et c'est ce qui me choque le plus à l'heure actuelle, c'est la vente libre de produits phytosanitaires au grand publique pour enlever les 3 malheureuses "mauvaises" herbes du jardin. Je ne connaît pas les rejets que ça provoque mais ça pourrait être évité facilement.

Bpiquemal

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